Maman à Lyon - Activités enfant ados
21 Septembre 2025
Savez-vous que lorsque vous descendez du métro à Vaulx-en-Velin la Soie (par exemple pour aller à Mini World), vous n'êtes qu'à quelques minutes d'un des plus grands ensembles industriels remarquables de France ?
Passez le château d'eau et dirigez-vous au 8 Allée du Textile, c'est là que commence la visite guidée proposée par le formidable guide conférencier Maxime Sermet sur "l'usine TASE et ses cités-jardins". C'est ici que se dressait la plus grande usine de viscose de France, en activité de 1924 à 1975 !
2 heures d'une visite dynamique permettent de découvrir tout un quartier développé derrière le nom de TASE. D'abord appelée SASE pour Soierie Artificielle du Sud-Est, l'entreprise, obligée rapidement d'abandonner la dénomination trompeuse Soierie, devient la TASE pour Textile Artificiel du Sud-Est.
En attendant le début de la visite, un premier panneau intitulé "aux origines des Vaudais" (le nom des habitants de Vaulx-en-Velin) nous fait réaliser à quel point ce site compte dans l'histoire de la ville de Vaulx-en-Velin.
Avant la construction en 1924 de l'usine TASE, la ville de Vaulx-en Velin est essentiellement agricole.
C'est d'ailleurs la présence d'immenses champs où bâtir l'usine qui attire ici la riche famille Gillet. Le site se révèle idéal car il cumule bien d'autres atouts : de bonnes opportunités de captage d'eau dans la nappe phréatique, la proximité de l'usine hydro-électrique de Cusset pour alimenter l'usine facilement en électricité peu chère et le passage du chemin de fer pour l'approvisionner en matières premières : des cubes de bois déchiquetés provenant essentiellement de Suède.
En effet, Lyon capitale de la soierie traverse à cette époque une grosse crise : les vers à soie sont atteints de 2 maladies mettant en péril le savoir-faire textile lyonnais.
Les Gillet, famille d'origine paysanne venant de Bully dans le Rhône, ont fait fortune dans la teinture en créant le noir absolu sur soie naturelle. Ils rachètent un brevet permettant de fabriquer de la viscose à partir de cellulose de bois (selon un procédé qui met la santé des ouvriers à rude épreuve).
Ils créent alors cette immense usine TASE de 100 000 m2, dont il ne reste aujourd'hui plus que les 200 m de façade superbement restaurés en 2011 et classés monument historique, et quelques sheds.
La façade de l'usine TASE a été superbement restaurée, l'architecture est signée des élèves de Tony Garnier.
La seule verrière qu'il reste de l'imense usine de 100 000 m2 en grande partie détruite pour construire le quartier du Carrée de Soie.
Afin d'attirer de la main d'oeuvre dans l'usine, les Gillet recrutent dans les campagnes des départements voisins mais également à l'étranger : on pouvait alors compter plus de 40 nationalités parmi les plus de 3 000 ouvriers au pic de l'activité.
Dans une démarche paternaliste en vogue à cette époque de révolution industrielle (qui nous a rappelé l'histoire du pensionnat des soieries Bonnet à Jujurieux), les Gillet font construire toute une ville pour loger, soigner, instruire, divertir... leurs ouvriers. Des immeubles pour les ouvriers, des petites maisons pour les contremaîtres, un pensionnat pour les jeunes filles de 13 à 18 ans qui travaillent à mi-temps et sont éduquées par les soeurs, une église, une infirmerie, une pouponnière....
C'est avec le plus grand étonnement que nous découvrons alors, à quelques mètres du futur passage de la nouvelle ligne de tramway T9 et son arrêt TASE, cette petite cité ouvrière intacte depuis sa date de construction en 1924.
Nous avons effectué cette visite dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine mais une version encore plus complète est également proposée toute l'année, infos ici. Je vous encourage vraiment à la suivre tant c'est instructif !
Merci et bravo au guide d'avoir rendu ce riche passé insoupçonné aussi tangible !
Blog d'une maman à Lyon, de 3 enfants devenus grands ! (20, 18 et 14 ans). Nos bons plans de parents : idées de sorties, jeux, activités et voyages en famille nombreuse... En général, j'accumule les pas-de-bol d'où le titre de ce blog... pour conjurer le sort !
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