Maman à Lyon - Activités enfant et ados

Think different*

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Ne plus être dans la course...

 

J'étais bonne élève à l'école, c'était donc logique que je fasse des études supérieures et que je trouve un boulot "sérieux". J'ai eu de la chance mais j'ai aussi trimé comme une malade pour cela, j'ai fait les études qui me plaisaient, j'ai trouvé des jobs chouettes où je m'éclatais bien. Le seul problème : je n'avais plus beaucoup de temps pour vivre à côté. Comme de nombreux cadres qu'on presse comme des citrons, mes semaines comptaient plutôt 2 x 35h et si le salaire était pas mal, quand on n'a pas de temps et qu'on paie tout plein pot, on s'aperçoit qu'il est vite claqué.

 

Aux yeux de tout le monde, un bon job, un salaire pas trop mal, ça incarne la réussite et vivre pleinement 50 jours par an, on devrait s'en satisfaire. Je crois que je ne m'en suis jamais satisfaite et que ça a été encore pire quand je suis devenue maman : j'étais torturée par le très peu de temps que j'avais à passer avec mes enfants.

Pourtant j'aimais mon job confortable de salariée dans une grande entreprise. Quand je faisais part de mes tourments dans mon entourage, on me réconfortait en me disant que ce n'est pas la quantité de temps que l'on passe avec ses enfants qui compte mais la qualité. Sauf qu'en rentrant crevée à 19h30, il est dur de leur offrir un temps de qualité. On me provoquait un peu en me disant "tu ne voudrais pas revenir aux années 50 à faire la bonne ménagère, femme au foyer".

 

Des fois je me le demande, parce qu'en fait j'aime bien cuisiner, coudre et avoir un intérieur douillet bien tenu. C'est vrai j'ai viscéralement BESOIN de travailler, j'aime mener à bien des projets intéressants, mais aussi avoir le sentiment que je contribue aux dépenses du foyer. Par contre je ne veux pas que ça me prive de passer du temps avec mes enfants. Et c'est uniquement pour cette raison que j'ai choisi de devenir freelance, pour pouvoir doser mon temps de travail, être avec eux à des heures où le travail de bureau me l'interdisait.

 

Mais en choisissant cette voie -comme d'autres working girl-, j'ai énormément perdu aux yeux des autres, je suis sortie de la course aux responsabilités et au meilleur salaire. Et, même si je travaille toujours, on me considère maintenant davantage comme une femme au foyer plus intéressée par son robot ménager et des conseils de grand mères que par l'économie d'entreprise (en même temps c'est pas faux, je n'arrête pas de m'équiper en électroménager dont j'ignorais avant l'existence et mon mari se demande sans doute si un jour il ne va pas me voir investir dans un nettoyeur de vitres électrique !).

 

Ce choix, que je ne regrette pour l'instant pas, n'est donc pas toujours facile à assumer aux yeux des autres : qu'un cadre puisse avoir envie de passer du temps avec ses enfants semble encore bien tabou. Mais c'était pour moi une vraie clé du bonheur, plus qu'un super titre sur une carte de visite ou un joli montant sur la feuille de salaire. Chose qui est souvent traduite dans le monde de l'entreprise par un cinglant "manque d'ambition".

 

Peut-être qu'un jour, à l'adolescence, mes enfants me diront qu'ils auraient préféré que je reste au bureau avec un salaire plus confortable qui nous permettrait de moins regarder aux dépenses. Et je l'accepterais, je ne leur dirai pas que ce choix était pour eux. Quand ils étaient gardés 12h par jour, je crois qu'ils n'étaient pas plus malheureux car on avait choisi les bonnes personnes pour prendre soin d'eux. Par contre, moi j'étais malheureuse de ne pas profiter d'eux et ça, ça n'était pas dans le plan de carrière...

 

*penser différemment : peut-on avoir fait des études et vouloir s'occuper de ses enfants...

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À propos
Lucky Sophie

Blog d'une maman de 3 enfants à Lyon (la Miss 17 ans, l'ado 15 ans et P'tit Lucky 11 ans). Nos bons plans de parents : idées de sorties, jeux, activités créatives, voyages... En général, j'accumule les pas-de-bol d'où le titre de ce blog... pour conjurer le sort !
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