Maman à Lyon - Activités enfant ados
5 Septembre 2026
La nouvelle exposition "Robert Doisneau, Instants donnés" à Lyon La Sucrière offre un regard renouvelé sur le travail du célèbre photographe, décollant l'étiquette qui lui colle parfois à la peau de "photographe du bonheur".
J'ai eu la chance de découvrir la nouvelle exposition "Robert Doisneau, Instants donnés" à Lyon La Sucrière, avec la présentation d'Annette et Francine, les filles du photographe, qui continuent à faire vivre le travail de leur père depuis son atelier de Montrouge et ont contribué à la conception de l'expo.
Elles ont expliqué, avec simplicité, la raison d'être de cette exposition, la plus grande rétrospective sur Robert Doisneau : expliquer le processus créatif du photographe, dont le travail ne se résume pas aux quelques photos joyeuses ou romantiques que tout le monde connaît.
Loin d'être un simple accrochage, cette exposition offre un regard renouvelé, au-delà des clichés, sur l'un des photographes français les plus célèbres du XXe siècle.
Les coiffeuses au soleil, Paris 1966, l'une des 400 photographies à découvrir à La Sucrière à Lyon. ©Atelier Robert Doisneau
Plus de 400 photographies soigneusement sélectionnées, parmi les 450 000 de la collection, permettent de découvrir des pans moins connus de son travail et d'apprécier le regard empreint d'humanité qu'il portait en toute situation, comme le montrent les nombreuses commandes de photographie sociale qu'il a réalisées.
En révélant pour la première fois les séries dont sont, par exemple, extraites son célèbre Baiser de l'Hôtel de ville, ou son iconique photo des gamins de Paris, on mesure aussi tout le travail qu'il y a derrière ses instants saisis sur le vif : ce sont des instants donnés à celui qui avait la patience de les attendre et d' "apprivoiser les visages" !
L'exposition Instants donnés, très différente de tout ce qui a déjà été fait (le photographe a pourtant déjà fait l'objet de 250 expositions en France et à l’étranger depuis 1947 !), présente 400 photos issues de sa très longue période activité de 1932 à 1992, ainsi que des objets personnels.
Elles témoignent des nombreuses transformations que le photographe a connu en 60 ans de carrière, tant du point de vue de la société (la Seconde guerre mondiale, les Trente glorieuses, Mai 1968...) que de la technique : Robert Doisneau a commencé en argentique noir&blanc avec des boîtiers en bois, lorsque la photographie avait tout juste 100 ans, et a achevé sa carrière avec le début du numérique.
C'est bien de remettre les choses dans le contexte de l'époque, notamment pour les jeunes générations actuelles : ainsi, s'il travaillait en noir et blanc, c'était uniquement par question de coût ! Il aimait la photo en couleurs qu'il pouvait se permettre pour des commandes bien rémunérées.
Aujourd'hui, cette exposition intervient alors qu'on célèbre le bicentenaire de la photographie, et nous propose un plongeon inédit dans le travail de Doisneau, qui, grâce à son appareil photo, a pu pousser toutes les portes.
Après le musée Maillol à Paris où elle a été vue par 250 000 personnes, le musée de la Boverie à Liège en Belgique, c'est La Sucrière de Lyon qui accueille cette exposition, enrichie d'une section supplémentaire dédiée à la "Ville aux deux collines" avec 40 photos prises par Doisneau lors de son reportage pour Vogue à Lyon en 1950.
Un extrait du reportage réalisé par Doisneau à Lyon en 1950 pour Vogue enrichit l'exposition Instants donnés, déjà présentée à Paris et Liège.
En présentant les séries dont sont issues ses photos les plus célèbres, on comprend mieux le tout travail de patience qui donne à ses images leur impression de spontanéité.
Certaines scènes semblent avoir été prises sur le vif, comme si le photographe était simplement au bon endroit au bon moment. Mais c'est le résultat de longues heures de travail, d'observation et de patience. Ancré dans la réalité de son époque, Robert Doisneau savait observer les gens avec une patience de pêcheur à la ligne et laisser en permanence la porte ouverte à l’inattendu.
Associé au courant de la photographie humaniste, captant le quotidien des gens ordinaires, il choisit, attend, compose et saisit le moment où une scène ordinaire devient extraordinaire. Son œuvre raconte, avec tendresse, humour et parfois une pointe de mélancolie, la vie quotidienne et valorise ceux qui la font.
C’est cette capacité à mettre en lumière le quotidien que l’exposition Instants donnés met en valeur.
La Vitrine de Romi (1948), une partie de l'excellente série de photographies prises à la galerie Romi.
Une très belle série sur les mineurs réalisée dans les mines du Nord de la France, dans le bassin houiller lensois.
On découvre quelques photos d'une série sur les prostituées, qui pour moi illustre à merveille sa manière de capter le quotidien avec émotion.
L'exposition est construite en 12 sections avec un angle particulier, dont une entièrement consacrée à Lyon dans les années 50.
Celles-ci permettent de découvrir les différents aspects du travail de ce photographe qui savait immortaliser aussi bien le quotidien des célébrités que des gens modestes :
L'exposition met en lumière les nombreuses commandes qu'il réalisait, notamment les commandes publicitaires ou industrielles qui ne l’amusaient guère et lui rappelaient que la vie est avant tout matérielle. Ici un exemple pour une couverture de livre.
Les 8 jours de reportage à Lyon réalisé pour Vogue en 1950 permet de redécouvrir la ville autrement, un témoignage précieux !
Une très belle section sur les bistrots dans lesquels le photographe aimait se poser pour observer les scènes de vie ordinaire
C'est une exposition qu'on n'a pas envie de quitter. Tout au long du parcours riche et sensible, on émerveillés par la beauté, l'humour, la tendresse et la précision de chaque cliché. On sourit à la lecture des légendes que Robert Doisneau aimait donner à ses photos.
Et surtout cette exposition permet de porter un autre regard sur le travail du photographe, avec un bel équilibre entre l'aspect joyeux de certains clichés et plus grave d'autres situations, toujours immortalisées avec pudeur et esthétisme.
Grâce à cette superbe exposition, on découvre vraiment le travail de Robert Doisneau, représentant du réalisme poétique, passé du statut d'artisan à artiste.
Sa manière de regarder le monde reste très actuelle et nous invite à porter un autre regard sur la société.
Exposition Robert Doisneau, Instants donnés
Du 4 septembre 2026 au 28 février 2027.
La Sucrière, 49 Quai Rambaud, 69002 Lyon
Un grand merci à Tempora pour l'invitation et la visite en avant-première !
Blog d'une maman à Lyon, de 3 enfants devenus grands ! (21, 19 et 15 ans). Nos bons plans de parents : idées de sorties, jeux, activités et voyages en famille nombreuse... En général, j'accumule les pas-de-bol d'où le titre de ce blog... pour conjurer le sort !
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