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Maid, la rude vie d'une mère célibataire femme de ménage

Maid de Stéphanie Land paru aux éditions Globe est le témoignage d'une mère célibataire américaine, qui s'est démenée pour s'en sortir, en faisant des ménages pour survivre, tout en poursuivant des études. Comme une équilibriste en permanence au bord de l'épuisement et de la faillite financière, qui n'a tenu que par amour pour sa fille.

Maid, la rude vie d'une mère célibataire femme de ménage

Son travail acharné ainsi que le blog qu'elle a tenu en parallèle de cette vie éprouvante lui ont permis de réaliser son rêve de devenir écrivain, en publiant ce livre, après l’obtention d’un diplôme d’anglais et d’écriture créative délivré par l’université du Montana en 2010.

Ce livre paru en 2019 aux Etats-Unis et en octobre 2020 en France revient sur ses années sombres d'une galère insoupçonnable, même par la plupart des personnes qui la côtoyaient alors.

Maid, la rude vie d'une mère célibataire femme de ménage

Il est arrivé qu’un écrivain devienne femme de ménage. Pour vivre de l’intérieur une condition sociale qui n’était pas la sienne, et pouvoir témoigner, dénoncer les conditions de travail indignes, les horaires inhumains, mettre sa plume au service de celles que personne n’écoute. Ce fut le cas de Florence Aubenas, et de Barbara Ehrenreich qui signe la préface de ce livre. Mais il arrive – plus rarement - que ce soit l’inverse. Qu’une femme de ménage devienne écrivain.
Au début de ce récit, Stéphanie Land est la mère d’une petite fille de deux ans et, pour vivre, elle nettoie des maisons auxquelles elle s’amuse à donner des noms romanesques : la Maison du Clown, la Maison Porno, la Maison Triste, la Maison de la Femme qui entasse… À la fin, sa fille a sept ans et s’apprête à lui sauter au cou pour la féliciter : Stéphanie va recevoir son diplôme de création littéraire de l’université de Missoula. Montana. Entre les deux, Stéphanie a briqué, balayé, frotté, rangé, et vu l’envers du décor de l’Amérique triomphante. Elle a aspiré la poussière chez les autres, et aspiré à devenir quelqu’un d’autre.
Elle raconte.

Maid, la rude vie d'une mère célibataire femme de ménage

L'auteure retranscrit à merveille cette lutte quotidienne pour s'en sortir quand on est pauvre. Ne pas avoir assez à manger, être réduit à quelques aliments basiques achetés avec les coupons alimentaires, ne pas avoir de toit et dormir dans les logements sociaux... tout en subissant des regards hautains de ceux qui ont les moyens.

Comme si elle leur volait leur argent en profitant des sept aides différentes de l'Etat dont elle bénéficie. Aides pour lesquelles, elle doit d'ailleurs remplir des dossiers à rallonge et subir des "formations" inutiles.

A ce combat quotidien, se rajoute la pression pour Stéphanie d'offrir un cadre sain, agréable et épanouissant à sa fille Mia qui grandit. Est-ce qu'immortaliser ses premiers pas dans un bungalow pourri du foyer des sans-abris sera un beau souvenir ?

Maid, la rude vie d'une mère célibataire femme de ménage

Mais le titre Maid fait surtout référence à sa manière de gagner sa vie en faisant les ménages dans les belles maisons.

"Maid est un mot élégant en anglais pour désigner les domestiques et évoque des uniformes amidonnés et des services à thé en argent, comme dans la série Dowtown Abbey".

Stéphanie décrit avec force de détails ce travail aussi usant physiquement que répugnant quand il s'agit de laver les toilettes ou les cuisines crasseuses, payé une misère.

Avec un trait d'humour, elle rebaptise les maisons dans lesquelles elle intervient : la Maison du Porno, la Maison Triste, la Maison du Clown, la maison de la femme qui entasse...

Car finalement en faisant le ménage dans ces maisons, elle connaît parfois mieux les habitudes des propriétaires que leurs proches : de ce qu'ils mangent au petit déjeuner à leurs petites habitudes inavouables. Surtout qu'il lui arrive de fureter pour savoir si ces gens riches sont vraiment heureux.

Pourtant, la plupart du temps, elle n'existe pas en tant que personne aux yeux de ces propriétaires qui ont seulement commandé des heures de ménage à une société.

Heureusement, ce n'est pas le cas de tous, et certains sont courtois, aiment bavarder avec elle et lui offrent même des cadeaux. Même s'ils ne mesurent pas la détresse financière qui est la sienne : en recevant des billets pour un match, Stéphanie sait qu'elle ne pourra pas y aller faute de pouvoir payer l'essence et le parking.

Maid, la rude vie d'une mère célibataire femme de ménage

Stéphanie partage également son sentiment de culpabilité quand elle doit absolument faire garder sa fille pour aller travailler et qu'elle la dépose à la garderie même si elle est malade car elle n'a pas d'autre choix : chaque heure de travail compte.

Car c'est bien la double peine de la mère pauvre et célibataire : se tuer à la tâche et manquer de soutien pour s'occuper son enfant.

Mais par moment on aimerait bien aussi lire le point de vue de Jamie, celui qui est devenu Papa par accident sans en avoir eu le projet, alors que Stéphanie prenait la pilule. Celui qui lui avait demandé de ne pas garder l'enfant car il n'en avait tout simplement pas les moyens, celui qui a tout de même rempli son rôle protecteur auprès de sa fille malgré les tensions entre les parents, en versant une pension alimentaire et en gardant Mia quand Stéphanie avait besoin de se libérer pour aller travailler.

Maid, la rude vie d'une mère célibataire femme de ménage

On peut souligner le courage et la force de détermination de Stéphanie qui lui ont permis de réaliser son rêve de devenir écrivain, en continuant ses études après ses journées de travail harassantes, une fois sa fille couchée. Malgré ses doutes, elle peut être fière d'elle et de son obstination à s'en sortir.

J'ai aussi apprécié son cheminement en écriture : si les premiers chapitres sont surtout descriptifs et parfois un peu poussifs, l'auteure prend de l'aisance et du recul au fil des pages, nous livrant un récit moins factuel et où elle évoque bien la tempête des sentiments qui l'anime.

Enfin, la passion inébranlable de l'auteure pour la ville de Missoula, qu'elle ne connaissait que par les écrits de ses auteurs favoris, nous donne très envie de découvrir cette ville du Montana !

Stephanie Land, désormais mariée et mère de quatre enfants, a supervisé l’adaptation télévisée de son livre par Netflix.

Un bel hommage à la fois aux mères célibataires et aux personnes si pauvres en travaillant qu'elles se battent au quotidien pour survivre. Bientôt sur Netflix.

Maid, la rude vie d'une mère célibataire femme de ménage

reçu en service de presse

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À propos

Lucky Sophie

Maman lyonnaise de 3 enfants (la Miss 15 ans, le p'tit gars 13 ans et P'tit Lucky 9 ans), j'ai envie de partager, dans la bonne humeur, bonheurs, galères et bons plans de parents (sorties, jeux, voyages). En général, j'accumule les pas-de-bol d'où le titre de ce blog... pour conjurer le sort !
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